Le président Trump a signé deux décrets sur la technologie quantique en juin 2026. L'un fixe l'objectif de construire un ordinateur quantique destiné à la recherche d'ici 2028. L'autre oriente le gouvernement fédéral vers la cryptographie post-quantique (PQC), avec l’établissement des clés prévu pour la fin 2030 et les signatures numériques pour la fin 2031. Le calendrier de développement évolue sans cesse, et la plupart des organisations ne savent toujours pas exactement quelle cryptographie elles utilisent ni où elle se trouve. La cartographie de votre parc d'infrastructure à clé publique (PKI) est un travail à engager dès maintenant.
À retenir
- Le décret de 2028 concerne la construction d’un ordinateur quantique pour la recherche. Les échéances de 2030 et 2031 visent à migrer les systèmes fédéraux de la cryptographie vulnérable à la puissance d’un ordinateur quantique.
- Google s’est fixé sa propre échéance à 2029 pour migrer complètement, soit un an avant la date fédérale d’établissement des clés. C’est un signal fort pour toute organisation détenant des données qui doivent rester privées pendant des années.
- On ne peut pas migrer une cryptographie que l’on ne voit pas. Un inventaire en temps réel des certificats, clés et dépendances doit précéder tout changement d’algorithme.
Deux décrets, deux échéances très différentes
Le 22 juin 2026, la Maison-Blanche a signé deux décrets sur la technologie quantique, et les deux échéances qu'ils fixent peuvent prêter à confusion.
Le premier décret vise à construire d’ici 2028 un ordinateur quantique suffisamment puissant pour conduire une recherche scientifique avancée. Le second décret oriente le gouvernement fédéral vers l’adoption de la cryptographie post-quantique. Les systèmes fédéraux à forte valeur et à fort impact devront utiliser la PQC pour l’établissement des clés d’ici la fin 2030, et pour les signatures numériques d’ici la fin 2031.
L’accélération de la politique quantique est à saluer. Gouvernements, industries et universités ont accompli un travail important, mais le rythme n’a pas toujours été à la hauteur de l’ampleur du risque. La seule certitude avec la technologie quantique est que le calendrier évoluera encore, et les développements récents montrent que la fenêtre d'action se rétrécit plus qu’elle ne s’élargit.
L’ambition doit être accompagnée d’exécution et de financements
Le nouvel accent mis sur la préparation post-quantique est essentiel. L’ambition doit s’accompagner d’une exécution efficace et de ressources suffisantes. Les gouvernements doivent disposer de moyens adéquats pour fixer des politiques, coordonner les infrastructures critiques, et permettre à l’ensemble de l’économie d’évoluer sereinement. Le secteur privé poursuivra ses investissements, mais cette transition ne peut pas reposer uniquement sur la dynamique du marché.
Ce point est particulièrement important aujourd’hui, car l’agence chargée de coordonner une grande partie de ces infrastructures critiques, CISA, se voit confier plus de missions avec un budget et des effectifs réduits. Une direction sans moyens ralentit tout le monde.
L'échéance de 2031 n’est pas confortable
L’objectif fédéral fixé à 2031 est une étape importante, mais il ne doit pas être interprété comme une échéance confortable. Google s’est déjà fixé l’échéance de 2029 pour sa propre migration post-quantique, ce qui soulève une vraie question : pourquoi une organisation détenant des données sensibles à longue durée de vie attendrait-elle ?
Le message est limpide pour les organisations : il ne s’agit pas d’un problème à remettre à la prochaine décennie. Toute entité possédant des données devant rester privées sur le long terme doit déjà planifier sur une fenêtre 2029-2031.
On ne peut pas migrer ce que l’on ne voit pas
Le défi de la migration post-quantique ne se réduit pas à l’achat de nouveaux algorithmes. La cryptographie est disséminée dans les certificats, clés, applications, APIs, services cloud, fournisseurs, appareils et systèmes de tiers. Dans beaucoup d’organisations, ce parc n’a jamais été totalement cartographié. On ne peut pas migrer ce que l’on n’a pas identifié.
Le travail prioritaire aujourd’hui, c’est la visibilité. Cela veut dire : un inventaire en direct des ressources cryptographiques, PKI, certificats, clés, propriétaires, dépendances et processus de renouvellement. C’est comme vouloir sécuriser un bâtiment avant l’arrivée d’une nouvelle génération d’outils de crochetage. La plupart des organisations ne savent pas encore combien elles ont de portes, où elles sont situées, ni qui détient les clés.
Commencez par l’inventaire, pas par l’algorithme
Le remplacement des algorithmes est la partie visible de la migration post-quantique, mais c’est la dernière étape. Ce qui déterminera si vous êtes prêt pour la fenêtre 2029-2031, c’est l’étape de découverte préalable.
Red Sift Certificates centralise vos actifs cryptographiques publics et privés dans un inventaire continu, avec des vues dédiées à la préparation PQC et à la conformité du cycle de vie des certificats, afin que vous puissiez cartographier votre parc avant de commencer la migration. Pour une vision complète sur le modèle de menace, les algorithmes NIST et la façon de construire une agilité cryptographique, consultez notre guide de la cryptographie post-quantique.




